NEPRAJZ*
Cette série a été réalisée pour le projet «Néprajz» dans le cadre d’un concours du musée hongrois d’ethnographie.
Il s’agit d’un livre qui présente la scène graffiti et street-art de Budapest sous la forme de 22 portraits et interviews.
D’un côté des portraits en introduction au livre (dissociés de l’interview de chaque personne, afin qu’aucun nom ne puisse être associé à un visage) de l’autre, une série de 20 paysages qui se trouvent en conclusion du livre, qui font une sorte « d’état des lieux » de la présence du graffiti à Budapest en 2010.
J’ai voulu montrer la façon dont le graffiti se sert de l’espace urbain, la façon dont il révèle une présence dans cet espace austère qu’est une grande ville; j’ai donc parcouru les périphéries du Budapest aux décors précieux, m’aventurant dans les cités qui s’étendent à perte de vue.
On constate souvent que c’est parce que un a osé que les autres se sont permis, et ainsi tout un espace est envahi voire saturé par différents mots, signes, couleurs qui coexistent et participent de façon anarchique à la surabondance d’informations que l’on trouve dans
toute métropole.
Sous toutes ces formes le graffiti parle de la personne qui a commis l’acte, qui a osé franchir cet « interdit social ». L’idée des portraits était de montrer une partie des gens qui se trouvent derrière ces noms, ces signes, qui ont fait de cet acte un mode de vie et qui en explorent les différentes dimensions.
Étant donné qu’il s’agit d’une activité urbaine, j’ai fais le choix de photographier ces gens dans leur milieu, devant ce qui leur sert de moyen d’expression: le mur.
Il s’agit donc de montrer une réelle présence physique de ces personnes qui n’existent que par des signes.
*Ethnographie en hongrois, utilisé ici comme Ethno graffiti